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« Chefs-d’œuvre italiens – XIV et XVème siècles » - Du 23 avril au 30 juillet 2015

Cette nouvelle exposition sur la peinture italienne des XIVeme et XVeme siècles nous permet, après celle sur « Les Caravagesques Italiens », de revenir à la spécialité qui nous a fait connaître dans le monde entier.

Vingt-trois tableaux, présentés par régions, permettent de cerner les traits particuliers de chacune d’entre elles.

LA TOSCANE :

Sans doute la région la plus connue avec les deux pôles que sont Florence et Sienne.
Au XIVème siècle, Florence apporte un langage nouveau, élaboré par Giotto en réaction contre la tradition byzantine et ses modèles rigides et schématiques. Il est animé d’une définition plus claire de l’espace et d’un rendu des volumes plus cohérent et plus rationnel. Le polyptyque de GIOVANNI DEL BIONDO que nous présentons en est un magnifique exemple. Le grand ANDREA DI NERIO, chef de file de l’école d’Arezzo, montre dans sa délicieuse prédelle, La Visite de la Sainte Famille à sainte Élisabeth et au jeune saint Jean Baptiste, qu’il a parfaitement assimilé ces nouveautés.
Le XVème siècle voit l’arrivée de Masaccio qui, dans ses fresques de la chapelle Brancacci, crée une fracture nette : il élimine les ornements, la grâce, l’élégance du gothique tardif, construit les formes par le jeu des ombres et des lumières et donne de l’expressivité aux visages.
Au même moment Gentile da Fabriano apporte naturalisme et élégance courtoise. La ville de Florence acquiert un rôle artistique de premier plan grâce aux grands artistes qui s’y installent, comme Fra Angelico et Filippo Lippi. L’imposante Sacrée Conversation de NERI DI BICCI résulte de ces diverses influences.
Dans les années soixante, le dessin, l’étude anatomique, le goût pour l’antiquité se développent dans les ateliers de Pollaiolo et de Verrocchio ; de ce dernier sortiront entre autres Léonard de Vinci, Pérugin, Botticelli, Ghirlandaio et Signorelli. Dans cette lignée se situe la rare Bataille du MAÎTRE DE MARRADI, ainsi que la Léda et le cygne de BACHIACCA, inspirée d’un modèle de Léonard de Vinci.
A Sienne, après 1430, Sassetta fut le seul à faire la synthèse de l’héritage siennois et des nouveautés florentines, suivi par le jeune Sano di Pietro.
Le langage visionnaire du grand Giovanni di Paolo, puis l’art subtil de Vecchietta entre autres, feront entrer la peinture siennoise dans la période de la Renaissance, enrichie aussi par l’apport original de Liberale da Verona et Girolamo da Cremona. La Vierge à l’Enfant de BENVENUTO DI GIOVANNI, dont les vêtements semblent sculptés dans le marbre, reflète ces orientations.

L’EMILIE-ROMAGNE :

La présence de Giotto à Rimini au début du XIVème siècle permit un développement artistique exceptionnel dans cette ville. La réaction à sa leçon sera un réalisme rude et expressif, parfois teinté de tendresse, notamment mis en œuvre par Vitale da Bologna. Ce dernier influencera durablement la génération suivante, qui poursuivra son développement dans la ville de Bologne, d’une manière libre et originale, comme en témoignent entre autres deux magnifiques œuvres de l’exposition : la Vierge d’Humilité d’ANDREA DA BOLOGNA, datée 1372, où l’extrême souci ornemental de l’artiste produit une représentation somptueuse de cette Vierge assise entre la lune et le soleil ; le Couronnement de la Vierge, tableau inédit et signé de SIMONE DEI CROCIFISSI, constitue un ajout d’importance à son œuvre.

LA VÉNÉTIE :

Le XIVème siècle s’ouvre ici encore avec le séjour de Giotto, cette fois à Padoue. La Vénétie, elle, en retiendra surtout une utilisation nouvelle de la couleur, particulièrement dans l’expression du clair-obscur.
PAOLO VENEZIANO est le plus important peintre des années 1330 à 1360. Il combine l’expressivité du visage et une iconographie nouvelle – comme ici l’étonnant plat rond en majolique représentant l’Agnus Dei sur un fond azur.
Le véronais ALTICHIERO part de la leçon de Giotto à la recherche d’un nouveau langage et d’un nouveau réalisme, dans un décor architectural d’une grande complexité. La Vierge à l’Enfant ici présentée est l’une de ses trois œuvres connues sur panneau, et donc d’une extrême rareté.

LE PIÉMONT :

Dans la première moitié du XVème siècle mûrit dans le Piémont un langage international alimenté par les œuvres de la Bourgogne et de Rogier van der Weyden qui introduisent un naturalisme subtil, une intense expressivité et un chromatisme raffiné.
C’est essentiellement Giovanni Martino Spanzotti qui exerça un ascendant durable sur les peintres de la première moitié du siècle suivant comme Gaudenzio Ferrari – ensuite actif à Vercelli et Varallo – et DEFENDENTE FERRARI. Dans l’œuvre de ce dernier se mêlent de manière brillante et fort raffinée les prolongements du gothique tardif et le maniérisme de la Renaissance du Nord.

LA LOMBARDIE :

Dans cette région aussi, sous le gouvernement des Visconti, se développe un langage international à partir de la pluralité des influences, française et nordique.
Gentile da Fabriano, formé à Pavie, travaille à la chapelle del Broletto à Brescia ; Pisanello, Bonifacio Bembo et Vincenzo Foppa sont les initiateurs d’un langage totalement nouveau qui s’ouvre sur la Renaissance. Ces deux derniers, comme le MAÎTRE DE MIRASOLE, présenté dans l’exposition, restent cependant attachés à un univers poétique « naturel ».

LA LIGURIE :

La peinture de la seconde moitié du XIVème siècle en Ligurie s’est articulée autour de Barnaba da Modena, actif à Gênes au moins à partir de 1360, et de la présence constante de peintres piémontais.
Dans le panorama substantiellement conservateur de la peinture de cette région durant les vingt premières années du XVème siècle, ANDREA DE ASTE (Crucifixion), après un séjour à Naples, développa un langage international. Il fut un important représentant du gothique tardif à Gênes.

ROME ET LE LATIUM :

A la fin des années 1420, Rome avait chez elle les principaux protagonistes de la peinture italienne de cette période : Gentile da Fabriano, Masaccio, Masolino, Fra Angelico. La confrontation avec l’antiquité romaine a cependant engendré un langage que l’on pourrait qualifier de plus sévère. La composition et les thèmes iconographiques sont encore attachés à la tradition médiévale, la gravité et la solennité des modèles antiques sont conservés, comme le montre le Mariage mystique de sainte Catherine de TUCCIO DI GIOFFREDO DA FONDI.

LES MARCHES :

Dans le cours des années 1420, le prestige de l’art de Gentile da Fabriano s’impose partout. Des échos de son art se retrouvent notamment chez Pietro di Domenico da Montepulciano et PAOLO DA VISSO. Ce dernier fait partie de ces peintres originaires des Marches qui se déplacent pour travailler dans plusieurs autres régions. Sur le devant de coffre ici présenté les caractéristiques architectoniques des bâtiments et l’explosion de rose sont typiques de l’art des Marches.

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Catalogue

Catalogue - 35 euros